02 décembre 2007

Blocage ...

De partout, et même au sein des cortèges de manifestants anti-pécresse, on entend critiquer les blocages. Je reviens donc sur cette question qui me tient à coeur : Pourquoi bloquer ?

On dit que le blocage c'est anti-démocratique. Ils sont pourtant voté à la majorité dans des AG ouvertes à tous. Alors pourquoi dites-vous qu'ils sont anti-démocratiques ? Ils ne le sont pas plus que n'importe quel vote ou élection !

On dit que bloquer, c'est empêcher ceux qui veulent d'étudier de le faire. Certes c'est vrai. Mais c'est choisi à la majorité, on impose pas le blocage. C'est comme ça dans notre pays, la majorité choisit. On le subit aussi, lors des élections (notament les 3 dernières présidentielles...). Si vous voulez pas d'un tel système, révoltez vous contre, mais entièrement, pas seulement quand ça vous arrange pas.

Vous critiquez, critiquez, mais vous savez même pas les avantages d'un blocage. Déjà, c'est une action forte, et on serait jamais entendu actuellement si on foutait pas le dawa. D'ailleurs même en foutant le dawa on est pas écouté. Mais c'est une manière de montrer qu'on est encore présent, de se rassurer nous-même que l'on est pas des résigné(e)s, de garder une lueur d'espoir.

Le blocage, ça permet aussi à tous les étudiants d'ouvrir leur gueule et de défendre leur droit. En effet, beaucoup sont boursiers. Et les bourses ça oblige à rentrer dans le droit chemin, à être ungentil mouton, à fermer sa gueule. Un boursier qui va en manif' alors que sa fac n'est pas bloquée n'est qu'un sécheur. Qu'il se démmerde pour daller, on lui fait sauter sa bourse. On refuse ça, on a donc trouvé la faille dans le système : ne pas aller à la fac parce qu'elle est bloquée, ce n'est pas sécher les cours, et donc assurer son (maigre)repas à la fin du mois.

Cependant, le blocage a ses limites. Bloquer une fac pour pouvoir ouvrir sa gueule, OK. Mais c'est pas suffisant. Il faudrait aussi que ceux qui votent le blocage le votent pas conviction, et non pas flemmardise, et se bougent vraiment. Pendant que certains tiennent le siège, d'autres bloquent l'économie. Une fac ne rapporte pas d'argent. Le blocage fait donc perdre de l'argent à l'Etat, mais pas beaucoup. Alors que si on bloque axes routiers, rues commerçantes et sièges administratifs, là on sert vraiment à quelque chose, car pour le gouvernement, une telle situation ne peut perdurer. Et on est entendu (voir mouvement anti-CPE).

Je rêvais donc d'un mouvemnt, d'un vrai mouvement, d'un beau mouvement, où les gens se bougent vraiment. Un mouvement qui ne discrédite pas encore plus l'université comme celui qui vient de se produire. Un mouvement qui ne soit pas que blocages inutiles rendus impopulaires par une presse manipulée par le gouvernement. Je rêvais de beaucoup plus de révoltés.

Je rêvais, sale utopiste que je suis.

Mais la lutte n'est pas finie.
La résignation est un suicide quotidien.

Et vive l'université libre, populaire et publique !

Posté par Marika Endvloor à 16:16 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Blocage ...

    "Bloquer une fac pour pouvoir ouvrir sa gueule, OK. Mais c'est pas suffisant. Il faudrait aussi que ceux qui votent le blocage le votent pas conviction, et non pas flemmardise" c'est ca le probleme c'est que dans les lycées la plupart des élève ne savent meme pas pourquoi il bloque il le font juste pour bloquer des cours et tout péter on s'est meme fait arreté parce que deux casseurs ont ballancé des bouteilles de biere sur les flics et forcément ca donnent une mauvaise image des bloqueurs.

    Posté par muflusch, 11 décembre 2007 à 20:23 | | Répondre
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